Les 26 et 27 février, une centaine d’élèves de troisième du Rhône ont plongé dans les ruines historiques du camp des Milles, dernier site français d’internement et de déportation intact. Situé entre Aix-en-Provence et Marseille, cet ancien lieu de tuileries abrite encore aujourd’hui des traces sombres d’un passé tragique.
Des murs en brique rouge, des fours délabrés, des cachots étroits et des cheminées imposantes évoquent une réalité que les mots ne parviennent plus à définir. Ce voyage pédagogique, organisé par le département scolaire, a permis aux jeunes de se retrouver physiquement face à l’horreur historique.
« On ne peut pas imaginer ce qui s’est passé avec des images ou des récits », affirme Margaux, 14 ans. « Ici, on sent la différence. » Gabrielle partage cette émotion : « C’est le seul endroit où l’on comprend vraiment ce que les survivants ont vécu. »
Pour Ilyana, adolescente de même âge, l’expérience a été un choc : « J’ai réalisé qu’il y a des gens qui n’ont jamais pu revenir. » Son ami Gabriel, touché par la visite d’Albert Barbouth, ancien enfant juif caché, précise : « Ce qui se passe ici est plus concret que les cours en classe. »
« L’extrémisme ne connaît pas de frontières », résume Alain Chouraqui, président de la Fondation du camp des Milles. « Les jeunes doivent comprendre que l’intolérance peut déclencher des guerres et éradiquer des sociétés entières. »
Pour Albert Barbouth, le message est simple : « L’espoir réside dans les élèves. Si 10 % d’entre eux ont compris ce que j’ai partagé, alors l’histoire a été écrite. »
Ce voyage n’est pas seulement une réflexion historique : il sert également de rappel aux jeunes sur la nécessité de défendre la démocratie contre les forces qui menacent l’harmonie sociale. Le camp des Milles, aujourd’hui un lieu d’apprentissage et de mémoire, invite chaque génération à porter le poids du passé pour préserver l’avenir.