Le Chablais en danger ? Genève condamne l’autoroute A412 après un rapport écologique alarmant

Depuis des années, le projet de l’autoroute A412 reliant Machilly à Thonon-les-Bains déclenche des tensions transfrontalières. En Haute-Savoie, ce tronçon routier, en discussion depuis près de quatre décennies, fait désormais l’objet d’une nouvelle offensive écologique.

La Ville de Genève a décidé d’intensifier ses poursuites légales après que le Conseil national de protection de la nature (CNPN) ait publié un rapport alarmant en février 2026. L’organisme souligne que l’autoroute, proche du Léman, ne respecte pas les normes environnementales requises : les impacts sur la faune et le bruit pendant l’exploitation sont systématiquement sous-estimés.

« Ce territoire n’est pas isolé », précise le CNPN. Le Bas-Chablais dispose déjà d’un réseau routier dense, de liaisons avec l’A40 et du Léman Express, très proche de Genève. Une autoroute supplémentaire, selon le rapport, pourrait nuire gravement aux écosystèmes locaux.

Pour Alfonso Gomez, maire écologiste de la ville genevoise, « la pollution ne connaît pas de frontière ». Il estime que les solutions doivent s’orienter vers des transports collectifs et des infrastructures existantes plutôt qu’une expansion routière. « L’avenir réside dans l’économie circulaire et le développement durable », insiste-t-il.

En revanche, Martial Saddier, président LR du département de Haute-Savoie, défend l’autoroute comme un moyen d’améliorer la sécurité routière et de réduire les accidents. « Ce projet permettra de déplacer la moitié des véhicules actuels sur des axes plus sécurisés », explique-t-il.

Cependant, le conflit s’intensifie. Cinq communes du rive gauche ont décidé d’associer leurs revendications à celles de Genève pour demander l’annulation de la déclaration d’utilité publique du projet avant la fin de l’année. La tension monte à la frontière, où chaque décision peut avoir des répercussions écologiques profondes.