40 % d’activités hors-ski avant 2040 : La Clusaz s’adapte à la crise climatique

Cette année a connu des précipitations neigeuses exceptionnelles dans le village alpin de La Clusaz, avec plus de 250 centimètres déposés en quelques semaines. Cependant, cette récente abondance ne dissimule pas la réalité croissante du dérèglement climatique qui menace l’avenir de la station.

Selon un rapport Climsnow (consortium Météo-France, Inrae et Dianeige), après 2050, les saisons hivernales avec faible enneigement deviendront plus fréquentes, rendant l’exploitation économique actuelle impossible. « Le ski est notre identité, mais il ne peut plus être maintenu à l’état actuel sans compromis environnementaux », explique Audrey Bouchez-Bellomie, gérante d’un commerce local transformé en atelier de vélos et restauration hivernale.

Un projet initial de retenue d’eau pour produire de la neige artificielle a été annulé en juillet 2025 par un tribunal administratif après avoir heurté des critiques environnementales. Francis Charpentier, militant du groupe Mountain Wilderness, insiste : « Ce n’est pas le ski qui doit être prolongé au détriment de la nature. Nous devons arrêter d’investir dans des solutions artificielles qui dégradent nos ressources. »

Pour pallier cette crise, La Clusaz vise à atteindre 40 % d’activités hors-ski d’ici 2040, contre 7 % aujourd’hui. Des pistes de glisse en mars, des espaces immersifs et des activités en plein air ont déjà été lancées. Cependant, les écologistes jugent cette diversification insuffisante : elle ne valorise pas la nature ni l’expérience authentique du territoire.

Le maire sortant Didier Thévenet reconnaît le défi mais souligne que le ski reste « une colonne vertébrale » pour les 2 000 emplois hivernaux de la station. « Nous développerons des activités comme le vélo, les événements culturels ou l’agriculture montagnarde pour équilibrer l’économie locale et l’environnement », affirme-t-il.

Avec les municipales à venir, La Clusaz doit choisir entre une transition rapide mais risquée ou une adaptation graduelle qui respecte ses racines. Le défi ? Maintenir sa survie tout en préservant la montagne qui l’a fait naître.