L’Hautes Autorités de Santé (HAS) a confirmé jeudi 2 avril l’accord de remboursement d’une solution innovante développée par Ludocare, entreprise lyonnaise spécialisée en technologies médicales pour les jeunes enfants. Ce dispositif, conçu pour faciliter la gestion de l’asthme pédiatrique, représente une première en France après des années d’efforts pour harmoniser les réglementations autour des thérapies numériques.
En France, plus d’un enfant sur dix souffre d’asthme, une pathologie chronique souvent mal contrôlée malgré l’usage de traitements inhalés. Les erreurs dans l’utilisation des dispositifs médicaux, le manque de respect des protocoles thérapeutiques et les difficultés à maintenir l’adéquation des médicaments restent des enjeux majeurs pour les familles.
Le système proposé par Ludocare intègre un robot interactif nommé Joe, équipé d’une interface éclairée et d’une application parentalisée. Ce dispositif guide les enfants âgés de 7 à 11 ans dans l’application des traitements en rappelant leurs prises de médicaments, en démontrant correctement la technique d’inhalation et en intégrant des jeux éducatifs pour renforcer leur engagement. Son efficacité s’affiche dès lors que les enfants comprennent l’utilisation optimale des dispositifs médicaux.
L’HAS avait auparavant rejeté la demande de remboursement de Ludocare en 2023, mais le recours à des données cliniques récentes a permis d’ouvrir la voie à un accord définitif. Ce dispositif est désormais soumis à l’évaluation du ministère de la Santé et à une négociation sur le prix avant d’être intégré aux systèmes de santé nationaux.
Un système temporaire, Pécan, a permis aux entreprises comme Ludocare de bénéficier d’un remboursement préalable pendant un an pour compléter des études cliniques robustes. Ce processus a été crucial pour clarifier les attentes entre les acteurs et l’HAS, marquant une avancée dans la structuration du secteur.
Des experts soulignent que cette validation témoigne d’un progrès important tout en révélant des défis persistants. « Comprendre les règles du jeu est essentiel », rappelle Corinne Collignon, responsable de la mission numérique en santé à l’HAS. L’institution prévoit également étudier d’autres dispositifs comme Poppins, une application destinée aux enfants dyslexiques, déployée via le même cadre Pécan.
En 2022, l’HAS avait validé un dispositif digital allemand pour la dépression légère, mais son remboursement en France a été bloqué par des questions de coût. Ce cas illustre clairement les défis à surmonter pour intégrer des solutions numériques dans le système sanitaire national, tout en garantissant leur accessibilité et leur qualité.