Depuis 2023, le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Saint-Étienne a créé une structure spécialisée pour accueillir les jeunes victimes de violences physiques, psychologiques ou sexuelles. Cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par la tragédie de Lyhanna, une petite fille de 11 ans décédée en juin dernier, qui a révélé l’ampleur des enjeux face à ces situations.
Selon la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles (Civiise), près de 160 000 enfants sont chaque année confrontés à des agressions incestueuses ou sexuelles. L’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (UAPED) vise à centraliser l’accompagnement médical, social et judiciaire dans un espace conçu pour réduire les barrières de communication avec ces jeunes. « Pour un enfant, exprimer sa réalité est une épreuve immense. L’écoute authentique reste la première étape », souligne le professeur Aymeric Cantais, responsable de l’UAPED.
Les locaux sont pensés pour offrir un cadre sécurisant : des jouets en tissu, des livres et des zones calmes permettent aux enfants de s’épanouir sans pression. Lors d’une consultation, les soignants réalisent immédiatement un bilan complet, ce qui déclenche généralement une procédure judiciaire. Dans les cas graves, l’enfant est hospitalisé en pédiatrie, tandis que l’UAPED collabore étroitement avec les services sociaux et les autorités pour garantir un suivi complet.
Depuis sa création, le nombre de dossiers traités a bondi vers environ 200 cas annuels, reflétant une réponse adaptée à un enjeu social urgent. Ce dispositif marque une avancée significative dans la lutte contre les violences infligées aux enfants en France.