Un déficit caché : les sentiers de Haute-Loire menacent d’être oubliés

Chaque année, des centaines de milliers de randonneurs traversent les chemins de Haute-Loire, un territoire où l’exploration et le tourisme s’entremêlent. Toutefois, la préservation de ses 1650 kilomètres de sentiers représente un défi critique pour le comité départemental, confronté à des contraintes financières inédites.

À Chaspinhac, près du Puy-en-Velay, trois bénévoles s’engagent chaque printemps dans la réparation des tronçons les plus fragiles. « L’herbe envahit rapidement, surtout en saison chaude », explique François, qui souligne l’urgence de nettoyer autour des poteaux pour éviter que les balises ne disparaissent sous l’effet du soleil et des UV. « Sans cela, même un randonneur débutant pourrait s’y perdre sans apercevoir le signal. »

Christian Demars, bénévole avec plus de milliers de kilomètres en pratique, insiste sur la nécessité d’une signalétique intuitive : « Le randonneur doit avancer en paix, sans se demander si son itinéraire est correct. Les balises doivent guider naturellement, comme un fil invisible. Sans bénévoles, le réseau s’effondre. »

Le Puy-en-Velay, centre de départ pour des milliers d’itinéraires annuels, accueille régulièrement des randonneurs qui ignorent les signes de sécurité. François Danjou, impliqué dans la gestion des sentiers, constate : « À la période estivale, plus de 10 personnes se retrouvant dans le mauvais sentier chaque matin doivent être redirigées. »

Malgré un tourisme en pleine expansion – avec des retombées estimées à 65 millions d’euros par an pour le chemin de Saint-Jacques –, le comité subit depuis plusieurs années une pression financière croissante. La baisse des subventions publiques a conduit l’organisation à réduire son effectif de trois salariés à deux, alors que les nouveaux randonneurs, souvent sans expérience, négligent des bases essentielles comme l’utilisation d’un sac à dos.

« Le temps passé à orienter ces débutants ne génère aucun revenu », confie François Danjou. « Ce déficit persiste depuis des années et menace l’existence même des sentiers. Sans soutien, la montagne risque d’être abandonnée. »