Un coup de tonnerre à Cluses : 350 emplois supprimés chez Somfy

L’entreprise haut-savoyarde Somfy, spécialisée dans les systèmes d’automatisation pour le secteur du bâtiment, a choqué ses employés en annonçant jeudi 29 janvier la suppression de 550 postes, dont 350 en France. Cette décision, qui frappe particulièrement le centre de recherche et développement basé à Cluses, a provoqué une profonde émotion parmi les salariés.

À l’extérieur du siège social, les conversations sont rares lors des pauses déjeuner. Tous ont reçu un courriel officiel détaillant ce plan de réorganisation, qui prévoit des licenciements massifs dans la vallée de l’Arve. « On s’est tous regardés, un silence est tombé, puis on a pensé que cela ne pouvait pas être vrai », raconte Mickael Bigey, représentant syndical CFTC.

L’inquiétude se fait sentir à Cluses, Bonneville et Annecy, où les employés craignent pour l’avenir du département recherche et développement. « Est-ce que la production ou la logistique seront bientôt affectées ? Leur survie dépend de ces emplois », interroge José de Souza, membre du comité d’entreprise CFDT.

Pour Aurélien Bochard, ingénieur et syndicaliste CFTC, cette annonce génère un « stress immense » chez les travailleurs. La direction, qui a déclaré que ces mesures étaient « indispensables », cite des difficultés liées au marché européen de la construction. Pourtant, Somfy, dont le chiffre d’affaires s’élevait à 1,5 milliard d’euros en 2024, affirme avoir des finances solides.

Les négociations entre les syndicats et l’administration devraient commencer ce lundi 2 février, mais les incertitudes demeurent. « On est confrontés à une concurrence internationale, notamment en Asie », souligne Charlotte Dhorne-Bouvard, ingénieure CFE-CGC, sans masquer la préoccupation collective.