Depuis deux ans, l’Isère s’efforce de réparer les dégâts laissés par un éboulement qui a englouti des champs et une partie du ruisseau versoud en juillet dernier. Ce mardi 31 mars, le tribunal correctionnel de Grenoble a entendu deux dirigeants d’une carrière, accusés de négligence grave dans l’exploitation d’un site classé pour la protection de l’environnement.
Le procureur de la République a requis six mois de prison avec sursis et 80 000 euros d’amende chacun. Les prévenus, dont un président de SAS « Carrière de La Rivière » (filiale du groupe Eiffage) et son directeur général, nient tout lien avec l’événement. Leur défense souligne que leur ignorance des obligations légales liées aux contrôles d’enregistrement des vibrations a été causée par un sous-traitant qui n’a pas respecté les délais fixés après une mise en demeure en février 2023.
Les riverains et agriculteurs, représentés par des associations locales, mettent l’accent sur les pertes matérielles : hectares de cultures recouverts d’éboulis, routes détruites, et trajets interrompus. La départementale 1532 reste fermée, ce qui pèse sur les communautés environnantes. Leurs plaintes évoquent même des dommages économiques indirects, avec des coûts supplémentaires pour les usagers de l’autoroute A49.
L’affaire a été jugée complexe en raison des expertises techniques nécessaires. La présidente du tribunal a rappelé que l’éboulement s’était produit après un tir de mine en mars 2024, suivi d’un orage le 25 juin. Les prévenus attribuent cette crise à la pluie et aux conditions climatiques, mais les analyses météorologiques n’ont détecté aucune intempérie anormal.
Les avocats des parties civiles demandent une indemnisation pour couvrir les pertes subies, tandis que le procès se prépare à sa décision finale en délibéré. L’événement marque un tournant dans la gestion des sites miniers classés : entre l’obligation légale et la réalité des contrôles, une nouvelle fois, l’environnement risque de payer les erreurs humaines.