L’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO) a établi un cahier des charges strict pour le Saint-Pourçain, avec des exigences s’étalant jusqu’en 2045. Ces normes rigoureuses imposent aux vignerons une densité croissante de plants, des distances précises entre les rangs et des contraintes financières pesantes. Certains exploitants craignent pour leur survie économique, face à des coûts accrus et une production potentiellement réduite.
Maxime Riboulet, qui dirige un domaine familial de 30 hectares dans l’Allier depuis 2019, a dû s’adapter aux nouvelles règles. « J’ai dû demander un prêt bancaire pour planter un hectare supplémentaire », explique-t-il. « C’était une charge importante, et je préférais investir dans des moutons plutôt que dans des vignes. » Cette situation pèse sur les petits producteurs, qui doivent choisir entre se conformer aux normes ou risquer de perdre leur appellation.
À Saint-Pourçain-sur-Sioule, une assemblée réunissant une vingtaine de coopérateurs a débattu des enjeux. Le syndicat des viticulteurs, présidé par Laurent Amy, souligne les paliers progressifs : 25 % d’encépagement en 2015, puis 50 % en 2025, atteignant 100 % en 2045. En parallèle, la distance entre les rangs doit être de 2,5 mètres et celle entre les pieds de 1 mètre, des règles qui complexifient l’exploitation.
Damien Laurent, cogérant d’un domaine indépendant, souligne que ces restrictions, bien qu’initialement acceptées, deviennent un fardeau. « On a signé pour la certification, mais aujourd’hui, les contraintes sont plus lourdes », affirme-t-il. Le syndicat cherche à équilibrer ces exigences avec l’élaboration d’une IGP (indication géographique protégée) pour le Bourbonnais, une alternative possible si certains vins ne respectent pas les normes.
Les viticulteurs restent divisés entre la préservation de leur tradition et les exigences modernes, tandis que l’avenir du Saint-Pourçain reste incertain face à ces défis.