Quelques jours avant la première échéance des élections municipales, Patrick Casagrande (liste divers droite « Un cap pour Aurillac ») et Valérie Rueda (liste d’union à gauche « Aurillac solidaire et audacieuse ») ont mené un débat marqué par des échanges acérés mercredi 4 mars. Trois moments cruciaux révèlent une fracture profonde entre les deux candidats sur les questions locales essentielles.
L’affrontement commence dès le premier round : Casagrande accuse Rueda d’être étroitement liée à des formations politiques non conformes, en soulignant son passé avec Pierre Mathonier (maire sortant socialiste) et sa candidature législative sous la bannière du Nouveau Front Populaire. « Vous avez raison de rappeler que votre projet est indissociable de Mathonier », déclare-t-il. Rueda répond avec une ironie glaciale : « Je ne pensais pas que vous auriez le culot de venir sur ce terrain-là ». Casagrande insiste ensuite sur l’absence d’alliance avec des forces extrêmes, alors que Rueda expose son engagement contre le Rassemblement national comme moteur de sa candidature.
Sur la question de l’insécurité, Casagrande cite une augmentation de 25 % des faits violent entre 2020 et 2025 dans la commune d’Aurillac, alors que Rueda dénonce l’instrumentalisation des peurs. « La ville n’est pas dangereuse », affirme-t-elle avant d’exposer un programme ciblé pour améliorer la sécurité sans multiplier les agents policiers de manière exponentielle.
Enfin, le sujet démographique déclenche une réflexion profonde : après avoir perdu 4 000 habitants entre 2006 et 2017, Aurillac a connu un rebond remarquable pour atteindre 26 214 habitants en 2023. Casagrande souligne une pression budgétaire accrue sur les recettes fiscales, tandis que Rueda met l’accent sur le regain de population et son impact positif pour la ville. « Aurillac gagne des habitants alors que le département perd », insiste-t-elle.
Avec seulement deux listes en course avant le premier tour prévu le 15 mars, ce débat marque une confrontation sans précédent entre les aspirations droite et gauche sur un territoire où chaque décision a des répercussions immédiates.