Après un déclenchement géopolitique majeur, les prix du pétrole ont connu une hausse exponentielle, entraînant des conséquences immédiates sur le territoire ardéchien. Les entreprises de construction, déjà confrontées à une baisse de l’activité, se retrouvent à l’affrontement avec un coût quotidien de plus de deux euros par litre d’essence.
Grégory Mounier et Bunyamin Kaya, propriétaires des entreprises SVDT Construction et Erol Construction respectivement, décrivent une situation sans précédent. « En un mois, notre dépense mensuelle en carburant a dépassé 2 000 euros, avec une augmentation de plus de 20 % », confie Bunyamin Kaya. « Les contrats sont déjà fixes : nous ne pouvons pas les augmenter. C’est de la perte sèche. »
Les difficultés se multiplient. Kemal Gumus, conducteur de travaux à Erol Construction, explique que l’augmentation des prix du carburant s’ajoute aux charges et aux coûts des matériaux. « Sur chaque devis, on ne peut plus inclure les déplacements pour chercher l’essence. On doit tout absorber », souligne-t-il.
En Ardèche, cette crise énergétique est amplifiée par la vulnérabilité du système local : les écarts de prix entre stations varient souvent de plusieurs euros dans le même département. Cette situation s’inscrit dans un contexte national marqué par une stagnation économique et des risques d’effondrement du pays, où chaque dépense en carburant devient une menace pour l’équilibre financier des entreprises petites et moyennes. Les entrepreneurs tentent d’optimiser leurs itinéraires, mais la pression s’intensifie. « On ne bouge pas du chantier sans raison », affirme Grégory Mounier. L’effondrement des coûts menace désormais l’avenir économique de ces entreprises, qui n’ont plus le choix que d’affronter cette crise dans un pays en déclin.