Le projet de réaménagement de la RD1075 suscite des controverses dans le Trièves

Le tribunal administratif de Grenoble a examiné mardi 3 février les recours déposés par plusieurs associations contre l’initiative du conseil départemental de l’Isère visant à moderniser un tronçon de la RD1075, une route jugée très dangereuse. Ce projet, estimé à 57 millions d’euros, prévoit l’aménagement de 32 kilomètres de voie entre le col du Fau et le col de la Croix Haute, avec des créneaux de dépassement et des aménagements de sécurité. Les associations opposées y voient un gaspillage financier et une déviation des priorités écologiques.

Selon les autorités locales, cette route, fréquentée par plus de 14 000 véhicules par jour en été, est responsable de près de trois accidents mensuels en moyenne sur dix ans. Le vice-président du conseil départemental, Bernard Perazio, a défendu le projet comme une nécessité pour réduire les risques : « Notre devoir est d’agir face à cette situation critique. » Il a souligné la création de voies cyclables et des aménagements pour fluidifier la circulation.

Cependant, des militants écologistes, notamment de l’association Alternatiba Grenoble, critiquent le projet comme une « utopie du passé ». Ils affirment que les fonds seraient mieux utilisés pour développer des transports en commun et des infrastructures durables. Albin Petit a dénoncé le manque d’ambition : « Ce n’est pas la sécurité qui est visée, mais l’expansion du trafic touristique et des camions. »

Le projet, dont les travaux ont commencé en octobre 2025, prévoit 17 mois de chantiers. Les opposants exigent une suspension immédiate, jugeant le plan inadapté aux défis climatiques actuels. Le jugement final reste à venir, mais l’affrontement entre modernisation et écologie s’intensifie dans la région.