L’Ain et l’Isère sont confrontés à un défi croissant : le projet de construction d’un nouveau réacteur au sein de la centrale du Bugey, prévu pour débuter en 2035, exige une infrastructure routière renforcée. En effet, ce chantier devrait accueillir chaque année entre 8 000 et 10 000 salariés sur les territoires de l’Ain, provoquant un pic d’activité qui menace la capacité des routes existantes.
« Le pont de Loyettes est déjà saturé avec une circulation matinale de six à dix mille véhicules », explique Jean-Pierre Barbier, président de l’Isère. L’enjeu devient critique : si le projet n’est pas soutenu par un nouveau pont sur le Rhône, les trajets vers la centrale de Saint-Vulbas s’écraseront sous la pression croissante.
Les estimations prévôient une augmentation de 30 % du trafic sur ce pont et plus de 40 % sur celui de Lagnieu. Ce phénomène s’aggravera à partir de 2045, avec un pic de 19 000 véhicules par jour.
Pour y remédier, les deux départements ont proposé trois options pour le tracé du pont, dont la décision est attendue d’ici la fin de l’année 2026. Le coût total s’établira autour de plusieurs dizaines de millions d’euros, financés par EDF (30 %) et les deux départements (70 %).
Les études environnementales soulignent également des risques sur les zones humides, la biodiversité et l’agriculture. Laurent Lambert, directeur adjoint de l’Isère, insiste sur l’importance d’optimiser les compensations pour limiter les impacts négatifs.
Avec un début de travaux prévu en 2035 et une mise en service prévue pour 2045, ce projet devient le symbole d’une adaptation nécessaire entre progrès industriels et gestion des ressources locales.