Samedi dernier, le village du Puy-de-Dôme a réveillé les mémoires d’une époque où la route n’était pas encore une simple ligne sur un plan. Plus de neuf cents véhicules anciens ont participé à cette vingtième reconstitution des embouteillages historiques de la Nationale 7, dans le cadre d’un événement qui rappelle l’absence de GPS et d’autoroutes.
Les rues de Lapalisse se sont transformées en un parcours du temps : couples en tenue rétro, motocyclistes et curés ont pris place pour ressentir l’énergie des années 1960. Une station-service improvisée a permis aux visiteurs de faire le plein d’essence gratuitement — « Ici, l’essence est gratuite jusqu’au lendemain », a plaisanté un participant en s’approchant de la pompe.
À cette époque, la Nationale 7 était une des voies essentielles pour rejoindre la Méditerranée. Favorisée par les congés payés et le regain des vacances post-guerre, elle attirait des milliers d’automobilistes chaque année. Cette réunion a vu plus de soixante-dix départements français s’unir, avec des participants provenant de cinq pays différents.
Emmanuel, originaire des Alpes-Maritimes, a choisi son Imperial 1964 pour la journée : « Je préfère ces manifestations où le mouvement est vital », confie-t-il en conduisant. « On rencontre des personnes, on partage l’expérience — c’est un voyage authentique. »
Pour les familles du sud, le camping était une tradition incontournable. À Lapalisse, ce détail a été reproduit avec précision : réchauds pour cuisiner, tentes et outils indispensables à la vie en plein air. « C’est le confort complet dans notre campement », sourit une participante.
Après avoir traversé les bouchons historiques, les participants ont découvert que l’embouteillement n’était pas seulement un problème — il était aussi une invitation à partager des moments en famille et en communauté. À Lapalisse, même les embouteillages portent un parfum d’été unique.