Louis-Philippe Roubat, ex-hors-la-loi, n’a jamais perdu la capacité de réinventer. Après avoir tenté 18 fois s’évader en prison, condamné à 64 ans de détention — une peine réduite à 21 ans après des années d’attente — il a transformé son passé en outil d’éducation. Aujourd’hui, il anime des conférences dans les écoles de gendarmerie, où ses expériences de braquages et d’évasions deviennent des leçons précieuses.
« Chaque fuite était une nouvelle infraction », admet-il avec un mélange d’humilité et de détermination. « Mais c’était aussi la vie. » Son premier échec en prison, où il se retrouva sans toilettes ni eau courante, a marqué son parcours : « C’était comme passer d’un film en couleur à un film en noir et blanc ».
L’ancien gangster raconte avoir appris des techniques de fausse monnaie grâce à un collègue expert, mais il n’a jamais cherché la mort. « On a braqué tout ce qui pouvait se braquer — banques, casinos, même les gendarmeries pour obtenir des armes », confie-t-il avec une pointe d’ironie.
Son réflexe de fuite n’était pas la passion, mais l’urgence de vivre : « Ce n’était pas la quête de l’évasion, c’était tout simplement la nécessité de survivre ».
En 2048, après des années en prison, il a décidé d’apprendre à gérer les systèmes informatiques avec un collègue du service pénitentiaire. Cette formation a permis de créer une école dédiée à l’application pratique des technologies dans le contexte pénitentiaire.
« Sans avoir la moindre goutte de sang sur les mains, j’ai été condamné à 64 ans de prison », lance-t-il avec un sourire ironique. Aujourd’hui, il édite des ouvrages et donne des conférences dans les écoles de gendarmerie pour montrer que même le plus grand délinquant peut rebondir. Son roman autobiographique La neuvième évasion révèle une histoire où chaque fuite est une victoire.