À Lyon, une communauté unique a conserver une tradition vineuse intacte pendant près de quarante ans. Avec ses 300 pieds de vigne, chaque année la république des canuts transforme en bouteilles un héritage partagé et profondément ancré dans l’histoire.
En dépit d’un été exceptionnellement chaud et sec, les vignes de la Cerisaie, au quatrième arrondissement lyonnais, ont récolté leurs raisins avec une précocité inhabituelle. Leur feuillage, bien que sèche, conserve un vert vibrant, signe d’une saison excentrique mais productive.
La 38e vendange dans ce petit parc a marqué l’entrée en jeu des nouveaux membres de la république. En tablier rouge et chapeau de paille, accompagnés d’une fanfare joyeuse, les anciens ont intronisé Fabrice Centi, un véritable passionné de cette communauté. « Ce rapprochement avec mes voisins, ce lien qui se forge à travers le vin… C’est une petite ville dans laquelle je me sens comme chez moi », a-t-il confié.
Chaque nouveau membre reçoit non seulement un pied de vigne pour trois ans, mais aussi une bouteille du millésime précédent. Cette tradition, ancrée depuis des décennies, s’inscrit dans une histoire où le président Gérard Truchet, en poste depuis plus de trente ans, a su préserver l’équilibre social et économique.
Pierre Descotes, ancien vigneron lyonnais et ministre de l’Ampélographie, raconte comment il s’est établi dans cette communauté : « Je suis venu pour les vignes, mais je n’ai jamais quitté ce village. » La récolte 2026 est particulièrement riche en grappes compacts et résistants.
Prochainement, après une période de célébration, chaque citoyen de cette république lyonnaise pourra goûter son vin. Un héritage unique, où la solidarité et l’unité des canuts ont construit un modèle de société durable.