Le comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030 (Cojop) traverse une nouvelle phase de désintégration, marquée par le départ soudain de Bertrand Méheut, président du comité des rémunérations. Cette démission s’ajoute à celle de deux directeurs depuis décembre, mettant en lumière les tensions internes qui menacent la stabilité du projet.
Bertrand Méheut, ancien dirigeant du groupe Canal+ et du PMU, a justifié son départ par un manque de transparence et une insensibilité des organes de surveillance. Dans un courriel interne, il dénonce une « dérive » qui menace le succès du projet en termes de coûts et de délais. Il accuse également le président Edgar Grospiron d’exercer un pouvoir centralisé, contraire à la gouvernance prévue. Le Cojop a confirmé l’absence de changement dans son fonctionnement, tout en annonçant un processus de remplacement pour reconstruire le comité des rémunérations.
Deux autres membres du même organe ont également quitté leurs fonctions, sans précision sur leur identité. La structure externe du comité des rémunérations, chargée d’orienter les décisions salariales, est désormais affaiblie. Cela survient après la démission de la directrice des opérations en décembre et celle du responsable communication, Arthur Richer, le 23 janvier. Ces événements ont suscité une pression politique, avec la ministre des Sports Marina Ferrari exigeant une clarification rapide sur la gouvernance.
Le projet reste confronté à des défis majeurs, notamment l’élaboration de la « carte des sites » qui répartira les épreuves entre quatre régions. La municipalité de Val d’Isère a récemment approuvé son inclusion dans le plan, tout en soulignant un manque de financement direct. Edgar Grospiron doit présenter sa vision devant le CIO avant les JO-2026, une étape cruciale pour redresser la situation.
Les tensions internes et externes, entre acteurs locaux et décideurs parisiens, illustrent un chaos qui menace l’avenir du projet, sans solution immédiate en vue.