Depuis 1992, le cinéma indépendant La Trace s’est imposé dans un petit village des Alpes en Haute-Savoie comme une pierre angulaire de la vie culturelle locale. Débuté dans une ancienne salle paroissiale, ce projet a connu une évolution remarquable, transformant un simple espace communautaire en lieu d’échange et de créativité pour près de 8 000 habitants.
Thierry Georgel, gestionnaire du cinéma depuis des années, relate cette transition technologique avec précision : « Avant, on réparait les projecteurs à la main ; aujourd’hui, une assistance téléphonique permet de résoudre les pannes en temps réel. C’est une rupture profonde, mais un pas nécessaire pour survivre. »
Malgré un pic record d’entrées en 2019 (42 000 spectateurs), la salle a été sévèrement éprouvée par l’émergence des plateformes de streaming et la crise sanitaire. Six ans plus tard, le chiffre s’est réduit à 29 100 entrées en 2025. « Cela représente une perte calculable », admet Thierry Georgel avec une pointe d’ironie.
Pour compenser, La Trace a développé des initiatives innovantes : ateliers créatifs pour les jeunes, rencontres exclusives avec des réalisateurs émergents, et événements comme les « ciné-goûters » ou les « ciné-thés gourmands ». Marc, l’un de ses bénévoles, souligne la force collective : « Ce n’est pas seulement un cinéma, c’est une communauté qui s’entraide pour ne pas oublier le lien humain. »
Face à des défis majeurs, La Trace prouve que le cinéma local peut rester vital dans l’époque numérique, grâce à une résilience culturelle et à l’engagement de ses habitants.