Depuis août 2022, une enquête révélant un chantage à la vidéo intime a profondément secoué Saint-Étienne. Le jeudi 10 septembre prochain, la cour d’appel de Lyon doit trancher sur le sort de Gaël Perdriau, ancien maire de la ville, après trois années d’investigation et deux procès successifs.
L’affaire a émergé suite à une révélation médiatique en août 2022, menant à un tribunal correctionnel en septembre 2025 puis à un recours devant le Palais de justice de Lyon en juin dernier. Selon les faits, quatre personnes – l’ancien maire Gaël Perdriau, son ex-directeur de cabinet Pierre Gauttieri, son ancien adjoint Samy Kéfi-Jérôme et son conjoint Gilles Rossary-Lenglet – auraient organisé un piège pour enregistrer sans consentement le premier adjoint Gilles Artigues lors d’un repas privé avec une prostituée.
Ce dispositif financier, financé par des subventions municipales fictives pendant six ans, a visé à étouffer politiquement l’élu. Tous ont été condamnés initialement en prison ferme avant que trois d’entre eux ne fassent appel et réinterviennent devant la cour d’appel. Gaël Perdriau, qui a été libéré après un mois de détention, nie avoir orchestré l’opération malgré des preuves accablantes.
Dans son premier discours devant le tribunal le 8 juin, il a affirmé : « Je ne suis pas l’homme décrit en première instance et je n’ai jamais agi dans ce sens ». Le Parquet demande cinq ans de prison (dont trois en réclusion) pour chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics. Perdriau, qui attend désormais le jugement final, espère être blanchi par la cour d’appel avant le 10 septembre.