Des vidéos récentes ont mis en lumière des villages du Népal engloutis par une lave torrentielle, conséquence d’un glissement glaciaire dont la magnitude dépasse les attendues. Ce phénomène, lié à la dégradation du permafrost provoquée par le changement climatique, a entraîné un déplacement de masse glaciaire estimé à 300 millions de mètres cubes – une quantité équivalente à un terrain étendu d’un kilomètre de large.
Olivier Gagliardini, glaciologue de l’Université Grenoble Alpes, précise que cette catastrophe n’est pas isolée : « L’Himalaya et les Alpes partagent des risques communs, surtout dans un contexte de réchauffement accéléré. Les glaciers en déclin perdraient chaque année plus de masse qu’auparavant ». Dans la vallée de Chamonix, par exemple, des glaciers se situent à moins de 800 mètres des habitations, ce qui amplifie les conséquences d’un éventuel glissement.
L’histoire glaciaire offre des indices alarmants : en 1892, un glacier avait détruit près de 200 maisons dans le village de Saint-Gervais-les-Bains, tandis qu’en Suisse, l’événement de Blatten a récemment provoqué des dégâts similaires. En France, les efforts de surveillance concernent notamment le glacier de Bonne Pierre, responsable d’un ensevelissement en 2024, mais les scientifiques alertent sur une évolution croissante.
« Les Alpes ne sont pas protégées », insiste M. Gagliardini. « La perte de 40 % des glaciers en 25 ans n’est qu’un début. Si le réchauffement continue, les risques pourraient s’intensifier rapidement ».
Propos recueillis par Antonin Blanc.