ÉLECTRO ET PATRIMOINE : Auvergne et Lituanie dans une fusion sonore inédite

À Clermont-Ferrand, la Coopérative de mai a accueilli une réinvention musicale audacieuse sous le nom de SUPER|TRONICA. Ce projet, financé par le Printemps de Bourges, croise les rythmes ancestraux du Massif central avec des chants polyphoniques lituaniens, transformés par un élan électro qui résonne dans l’imaginaire collectif.

Pour Laurita Peleniute, chanteuse du groupe Sutartronica, ce mélange est une réponse à la fragmentation sociale contemporaine. « La musique nous rapproche quand on partage des voix. Dans un monde où chaque personne se concentre sur elle-même, chanter ensemble permet de créer un espace de réunion et d’expression commune », explique-t-elle en insistant sur l’importance de cette tradition reconnue par l’UNESCO.

La collaboration a été conçue après des échanges entre Super Parquet (français) et Sutartronica (lithuanien). Antoine Cognet, membre du groupe français, souligne une profonde similitude dans les structures musicales : « Les chants lituaniens utilisent des canons interconnectés qui génèrent des polyphonies complexes. Ce phénomène est identique à celui des musiques traditionnelles du centre de la France, où les voix se superposent pour créer une harmonie unique. »

La Coopérative de mai a décidé d’accompagner ce projet en s’appuyant sur son réseau européen. Sarah Schmitt, directrice, précise : « Ce n’est pas seulement un échange artistique mais une réponse à la nécessité de briser les frontières culturelles pour favoriser des créations transfrontalières. »

Les deux groupes ont travaillé en synergie : Super Parquet a réinterprété des morceaux de Sutartronica, tandis que le groupe lithuanien a ajouté ses voix sur des compositions françaises. « Victor a apporté une touche qui a transformé l’ensemble », dit Julien Baratay, membre de Super Parquet.

Pour Sutartronica, cette collaboration est un premier pas vers une préservation culturelle active. « Nous souhaitons montrer notre héritage à Vilnius et inviter le public français à découvrir ces traditions », confie Victor Diawara. Le projet entamera son tournée en automne, avec des performances au Printemps de Bourges puis dans des festivals européens, symbolisant un dialogue entre les cultures du Nord et du Sud.