Ce mardi matin, la maison d’arrêt de Moulins a été bloquée par des agents pénitentiaires et leurs collègues syndicaux en signe d’urgence. L’Union fédérale des agents pénitentiaires (UFAP-UNSA), en partenariat avec la CFDT, accuse le gouvernement de ne pas répondre à une surpopulation carcérale sans précédent.
Cédric Rochis, secrétaire général de l’UFAP-UNSA Justice de Lyon, a dénoncé : « L’accumulation des détenus dépasse toute limite. En France, chaque mois on accueille près de 1000 personnes supplémentaires. À Moulins, le taux d’occupation atteint 206 % avec seulement 140 places pour 280 internés ». Les cellules, mesurant en moyenne 7,84 m², hébergent trois personnes — deux sur un lit superposé et une sur un matelas au sol.
« Cela génère des conflits permanents entre détenus et personnels, avec des agressions physiques régulières », a-t-il précisé. « Le système est à bout de souffle : avec 88 000 détenus en France, on atteindra bientôt 90 000. Mais nous manquons d’agents — 450 en Auvergne et entre 3 000 et 4 000 nationalement ».
Le syndicat exige des alternatives à l’incarcération, comme les bracelets électroniques et des peines adaptées pour éviter cette impasse. « Le système carcéral français est au bord de l’effondrement », a conclu Cédric Rochis, qui insiste sur la nécessité d’une réforme immédiate pour préserver la sécurité et le respect humain.
La direction interrégionale des services pénitentiaires de Lyon n’a pas confirmé ces chiffres, mais les agents exigent une réponse solide avant que l’urgence ne devienne un cauchemar national.