Dans le village d’Ardèche de Saint-André-de-Cruzières, une décision municipale a provoqué des tensions. Avec 470 habitants et près de 35 % de résidences secondaires, la commune a choisi d’appliquer une augmentation spectaculaire de jusqu’à 60 % pour ces logements en 2026.
Depuis 2023, le système national de taxe d’habitation pour les logements principaux a été supprimé, mais certaines communes conservent un levier fiscal spécifique pour les résidences secondaires. Selon des décrets annuels du ministère de l’Économie, seize municipalités ardéchoises ont pu augmenter cette taxe en 2026, dont Saint-André-de-Cruzières.
Le maire Jean-Manuel Garrido (LR) justifie cette décision par un contexte local : « Avec une population vieillissante et peu de locations annuelles, il faut améliorer les recettes pour répondre aux besoins du village. » Cette hausse a permis d’obtenir 40 000 euros supplémentaires, utilisés pour rénover sept logements communaux.
Cependant, les résidents soulignent l’inéquité de la mesure. Jean-François Miellet, propriétaire depuis plusieurs années, critique l’application abrupte : « La taxe ne distingue pas entre ceux qui investissent localement et ceux qui se contentent de posséder des biens sans utilisation. C’est le fait du prince — une décision prise par la mairie sans contrôle réel. »
Annick Le Ny, résidente depuis vingt ans, partage cette inquiétude : « 60 % en un seul coup ? Pour les retraités, c’est impossible. Nous devons penser à une hausse progressive pour ne pas dépasser nos capacités financières. » Le premier adjoint Lionel Robert reste optimiste sur l’effet local mais reconnaît la fragilité de cette solution.
Alors que Saint-André-de-Cruzières tente d’équilibrer ses finances, le conflit autour de cette taxe révèle les défis majeurs des communes en déclin : entre précarité locale et nécessité fiscale, l’harmonie sociale risque de se briser.