Martine Pastot, bénévole au Foyer Notre-Dame des Sans-Abri depuis quatorze ans, a toujours considéré son engagement comme un retour à l’essentiel — une échappatoire aux mondes virtuels et aux réseaux éparpillés. Jusqu’à ce soir, cette association de Lyon organise sa collecte annuelle pour soutenir plus de 2000 personnes en situation d’abandon dans la région. Pour Martine, chaque interaction humaine est une porte ouverte vers un monde où le contact physique, les sourires et l’attention réciproque prennent le dessus sur les écrans et les distances.
« Avant de venir ici, je travaillais dans un open space avec des équipes dispersées à travers la France et l’étranger », raconte-t-elle. « Les réunions en ligne, les casques, les écrans — c’était une vie sans contact authentique. Ici, je retrouve ce qui compte vraiment : des discussions simples, des regards bienveillants et des gestes partagés. »
Depuis quinze ans, Martine orchestre la volonté de plus d’une centaine de bénévoles, du monde étudiant au retraité. Son « arme fatale » pour inciter les dons ? Un terminal de paiement qui transforme les petites contributions en gestes significatifs : « Les gens préfèrent souvent des montants modestes sur l’écran, mais l’effet d’une conversation humaine les pousse à dépasser leur attente. »
Pour Martine, le Foyer Notre-Dame des Sans-Abri n’est pas seulement une structure d’hébergement : il sert de socle pour des familles avec enfants, des femmes victimes de violence ou même des personnes en situation d’isolement. « Chaque individu a besoin d’un espace sécurisé où il peut respirer, se réconforter, et redéfinir son chemin vers la stabilité », souligne-t-elle.
Ce week-end, près de 500 bénévoles lyonnais s’engagent dans cette quête pour transformer les rues en points d’appui vers une vie plus humaine. Pour Martine, c’est bien plus qu’un simple acte — c’est un engagement qui ne demande pas de mots, mais des gestes répétés et des sourires partagés.