En mars, une nouvelle campagne de prévention s’invite dans les foyers français pour réduire l’impact du tabou autour du dépistage du cancer colorectal. À Grenoble, l’unité hospitalière (CHU) accompagne les patients pour briser ce mur social et encourager des actions précoces.
« Imaginez-vous confortablement installé dans la salle de bain : placez un coussin sur la cuvette puis utilisez doucement l’outil fourni. C’est simple et rapide », explique Victoire Granger, spécialiste en oncologie digestive au CHU de Grenoble. Son objectif ? Réduire l’angoisse liée à ce test souvent considéré comme intime.
En France, le cancer colorectal engendre chaque année 47 000 cas et plus de 17 000 décès. Cependant, jusqu’à 90 % des patients détectés tôt sont en rémission. Seuls 4 % des tests reviennent positifs, nécessitant une coloscopie.
Sébastien, victime d’un polype cancéreux retiré lors de la procédure, confie avoir attendu deux ans après l’envoi de son invitation à 50 ans. « Si j’avais réagir plus tôt, la situation aurait été bien mieux contrôlée », souligne-t-il. Sa partenaire, Sylvie, a insisté pour qu’il se fasse tester : « C’est rapide et anonyme, on reçoit les résultats rapidement ».
Malgré ces encouragements, le taux de participation au dépistage en France reste à 35 %, contre 40 % dans l’Isère. Une augmentation significative permettrait d’éviter chaque année près de 6 000 cancers.