Vendredi 27 février, une centaine de professionnels du Centre médico-chirurgical d’Aurillac a annoncé un mouvement de grève généralisée. Ces employés dénoncent des conditions de travail extrêmement précaires, corroborées par une enquête interne sur les risques psychosociaux.
Au matin de cette journée, médecins, infirmières, aides-soignantes et administratifs se sont rassemblés pour exprimer leur détresse. Sonia Bergeron, secrétaire médicale, a précisé : « Au niveau administratif, plus de dix cas d’épuisement professionnel ont été enregistrés sans remplacement. Nous sommes en sous-effectif et nous devons remplacer les tâches de deux à quatre personnes. »
Stéphane Lehongre, brancardier, a partagé une situation critique : « Lorsque l’on apprend que l’une de nos collègues a eu des pensées suicidaires, on se demande où nous allons. Je ne sais plus où placer mon espoir. »
Carine Martinet, aide-soignante en oncologie, a ajouté : « Nous avons des idées noires chaque jour. Chaque matin, il faut se remettre en question. Faire ce métier et se dire qu’on fait du travail inutile est extrêmement difficile. »
Des patients hospitalisés ont également témoigné de l’impact sur le personnel. Jean-Pierre, qui a été admis depuis trois semaines, déclare : « Je vois des pleurs et de la souffrance dans les services. On ne peut pas être insensible quand on voit ça. »
L’enquête interne révèle des niveaux critiques d’épuisement, d’absentéisme et de démissions. Lény Grenier, représentant du personnel FO, a souligné : « Nous sommes dans une situation de détresse totale. La direction a rompu toute communication avec nous, laissant nos collègues dans le stress et l’incertitude professionnelle. »
Malgré des entretiens avec la direction vendredi matin, aucune solution constructive n’a été proposée pour résoudre cette crise. Le groupe Elsan a déclaré que les discussions avaient permis d’éviter des perturbations, mais les travailleurs maintiennent leur grève jusqu’à ce que leurs conditions de vie soient améliorées.