Depuis des semaines, les pluies incessantes ont transformé les exploitations agricoles de l’Allier en zones d’urgence. À Couzon, près de Moulins, les maraîchers voient leurs délais de travail s’éloigner de trois semaines à cause d’eaux stagnantes dans leurs champs.
Mickaël Deschamps, cultivateur bio installé à quelques kilomètres de la ville, décrit son sol comme « un petit lac en surface ». « Les légumes sont aujourd’hui immergés mais la pente naturelle du terrain limite l’effet des inondations », explique-t-il. Le maraîcher, qui utilise des chevaux pour travailler ses cinq hectares, ne peut pas semer les échalotes ou les petits pois : « Normalement, je commence à tille ce mois-ci, mais ici, il faudra attendre que le sol sèche complètement. »
Depuis quelques jours, des précipitations de 30 à 40 millimètres ont été enregistrées autour de Moulins. Si les pluies cessent demain, le retard pourrait atteindre trois semaines supplémentaires. Aujourd’hui, seul l’agriculture sous serre est possible pour Deschamps : « Le sol extérieur est très perméable, donc l’eau n’atteint pas la serre. On ne craint pas d’inondation, même en cas de pluie intense. »
Dans tout l’Allier, les cours d’eau sont gonflés et des zones du nord ont été inondées. Le département reste en vigilance jaune pour les crues, une situation qui a permis aux deux juments du maraîcher, Feyat et Violine, de bénéficier d’un repos prolongé.