En 2024, le réseau lyonnais a enregistré une hausse marquante du taux de fraudes, atteignant 13,8 %. Pour y remédier, la Métropole de Lyon a engagé un programme ambitieux visant à réduire ce chiffre sous les 10 % d’ici 2030. Une mesure inédite dans le paysage des transports publics français, cette initiative répond à une réalité difficile à contrôler depuis la fin de la pandémie.
« La rareté des conducteurs a forcé notre partenaire à privilégier les déplacements plutôt que les vérifications », explique Bruno Bernard, président de la Métropole. Avec plus de 519 millions de trajets annuels, l’ampleur du problème est aujourd’hui insoutenable.
Depuis le 14 février dernier, TCL a lancé une campagne sans précédent : affiches dans les gares et bus, écrans interactifs, ainsi que des contenus sur les réseaux sociaux pour sensibiliser l’ensemble de la population. L’enjeu ? Rappeler l’importance d’une validation stricte pour préserver le service public.
Un dispositif supplémentaire sera mis en place quatre fois par an avec des opérations directes sur le terrain, visant à guider les usagers vers des bonnes pratiques. La première initiative a lieu le 3 mars prochain dans deux stations clés : Gorge de Loup et Gare de Vaise.
Pour les groupes vulnérables – retraités, personnes en situation d’asile ou bénéficiaires du RSA – TCL a renforcé ses tarifs spéciaux. Une étude prévue en 2026 devrait automatiser l’accès à ces avantages, permettant une meilleure intégration dans le réseau.
Parallèlement, la Métropole fixe un objectif réaliste : passer de 22 000 contrôles journaliers d’ici 2026 à plus de 30 000 d’ici 2030. Les amendes pour fraude s’élèvent respectivement à 70 et 120 euros, selon les modalités de paiement.
Cette offensive marque l’un des plus grands défis face à une réalité économique complexe, où chaque euro perdu menace la pérennité d’un service public essentiel.