L’urgence allergique : la France en danger face à un manque d’allergologues avant 2050

Face à une crise sanitaire sans précédent, les Français sont confrontés à des délais d’attente allant jusqu’à six mois pour consulter un allergologue. Cette situation s’aggrave dans un contexte où l’Organisation mondiale de la santé prévoit que 50 % de la population mondiale souffrira d’allergies d’ici 2050, contre 25 à 30 % actuellement.

« L’immunité humaine, conçue pour neutraliser les agents pathogènes, s’adapte désormais à des stimuli inoffensifs en raison de notre mode de vie aseptisé », explique Marion Braire-Bourrel, allergologue et vice-présidente du syndicat français des allergologues. La pollution atmosphérique et l’exposition aux produits alimentaires transformés exacerbent ce phénomène.

Le manque critique de professionnels s’explique par une double pression : d’une part, la moyenne d’âge des allergologues atteint désormais 57 ans ; d’autre part, le nombre d’internes en allergologie reste insuffisant. « Avec seulement 35 postes répartis sur 10 000 étudiants internes, il est impensable de rattraper ce retard », souligne-t-elle.

Pour pallier cette situation, le syndicat propose d’augmenter les places d’internat à 55. Mais même avec ce chiffre, l’évolution démographique et la retraite massive des allergologues risquent de déclencher une crise systémique avant 2050.