L’usine de Saint-Genis-Laval rouvre sous l’ombre d’une enquête judiciaire après un drame industriel

Six jours après la mort d’un ouvrier intérimaire âgé de vingt ans happé par un laminoir, les activités du site Lustucru Frais s’ancrent progressivement dans le rétablissement. Située en Rhône, l’usine a reçu l’autorisation de l’inspection du travail ce jeudi matin, permettant aux premiers employés de revenir à la production dès 5 h.

Selon un communiqué interne, les premières phases consacrent le nettoyage des lignes de fabrication. La direction affirme rester à l’écoute des salariés et proposer un soutien psychologique pour ceux encore marqués par le drame. L’autorisation administrative a été validée après une visite de l’inspection du travail lundi, tandis que mardi dernier, les responsables ont informé les représentants du CSE. La journée précédente a été dédiée à des échanges et à un hommage en l’honneur de la victime.

Le maire de Saint-Genis-Laval, Jules Guillemot (Divers droite), exprime sa satisfaction sur la reprise des activités mais insiste sur la nécessité d’une sécurité irréprochable. « C’est une usine qui avait l’air très sécurisée en 2022 », commente-t-il, sans cependant admettre de problèmes récents.

En revanche, le syndicat CGT agro-alimentaire accuse la direction d’une gestion insuffisante des conditions de travail : cadences accrues, turnover élevé et risques physiques persistants. « La société ne s’exprime plus que dans des phrases vagues », souligne Damien Ferrier, secrétaire régional du syndicat.

Une enquête judiciaire pour homicide involontaire par personne morale a été ouverte en partenariat avec le parquet de Lyon et la gendarmerie locale. L’enquête examine les circonstances exactes de l’accident ainsi que les éventuels manquements sécuritaires dans l’usine.