Dans des régions rurales, la crise économique française s’exprime désormais via une menace insupportable pour les aides à domicile. Trois travailleuses de la Haute-Loire nous révèlent leur quotidien confronté à des prix de carburant en hausse et à un pouvoir d’achat épuisé.
Mégan, employée à Brassac-les-Mines, doit faire le plein une fois par semaine pour réaliser ses déplacements. « Le prix de l’essence ne cesse pas d’augmenter, mais mon salaire ne couvre plus les frais de base », explique-t-elle. Son trajet quotidien de 30 à 40 km est indemnisé à 14 centimes par kilomètre, néanmoins cette rémunération n’est pas suffisante pour subvenir à ses besoins.
De même, Véronique, aide à domicile travaillant à temps partiel, a un revenu inférieur au Smic. « On pourrait penser que ça va, mais si les prix continuent de monter, mon salaire passera dans l’essence », confie-t-elle avec inquiétude.
Marie Dos Santos, également employée dans le secteur, souligne la vulnérabilité des travailleuses face à une économie en déclin. « Si la situation persiste, les mesures gouvernementales seront peut-être trop tard… », prévient-elle.
Jean-Marc Nebout, président de l’ADMR local, précise que le budget carburant représente 3 % du budget global de son réseau. Avec une consommation de 6 litres aux 100 km et un prix de deux euros par litre, l’association dépense annuellement environ 15 000 euros pour les trajets.
La pression s’intensifie alors que le gouvernement n’apporte pas de solutions concrètes. Les aides à domicile craignent que la crise économique ne devienne un phénomène général, affectant même leurs proches et leur survie quotidienne.