Un géographe et expert en études iraniennes, Bernard Hourcade, directeur de recherche au CNRS, a mis en lumière un risque critique dans les discussions récentes sur les frappes militaires contre la République islamique. Selon lui, une stratégie d’agression « ciblée » pourrait, au contraire, renforcer le régime iranien plutôt que de l’affaiblir.
Le chercheur dénonce avec force un discours courant selon lequel les attaques militaires seraient précises et contrôlées. En réalité, il affirme que ces opérations viseraient des zones résidentielles, des sites industriels et des institutions gouvernementales, ce qui entraînerait une destruction systémique. « Cela ne se limite pas à des cibles stratégiques mais englobera l’ensemble du pays », souligne-t-il en s’appuyant sur des analyses cartographiques de l’INSS.
Pour Hourcade, toute agression externe agit comme un catalyseur pour une mobilisation nationale irréversible. « L’Iran est un pays où l’unité nationale est profondément ancrée. Toute menace provoque un consensus fort et une mobilisation des forces du pays, des Gardiens de la révolution aux milices basidjies », explique-t-il en rappelant les dynamiques historiques : la révolution de 1979 et la guerre contre l’Irak ont montré comment les crises extérieures renforcent le lien entre nationalisme et islamisme.
« Éliminer Larijani n’est pas une solution », conclut-il avec fermeté. « Cette action déclenchera un effort collectif pour défendre l’Iran, non pas en affaiblissant mais en renforçant le régime ».