Le célèbre ouvrage de fer, qui a connu la gloire des voitures à vapeur au début du XXe siècle, subit aujourd’hui une transformation radicale. Ce pont, construit en 1899 et autrefois utilisé pour le transport de marchandises et de voyageurs entre Bourg-de-Péage et Sainte-Eulalie, a vu son utilité se réduire à mesure que les technologies évoluaient. Fermer en 2017 faute d’entretien adéquat, il deviendra bientôt une infrastructure écologique incontournable pour les randonneurs et cyclistes du Vercors.
L’opération, menée par le département de la Drôme, vise à préserver l’héritage architectural tout en adaptant l’ouvrage aux besoins modernes. Le projet, qui coûtera 2,1 millions d’euros, inclut des réparations structurales délicates : la remplacement des dalles endommagées par un béton ultra-résistant et la restauration des voûtes en maçonnerie pour éviter les infiltrations. Les techniques employées rappellent celles du XIXe siècle, avec des rivets chauffés à blanc et un décapage soigneux de la peinture au plomb.
Cependant, cette rénovation soulève des questions sur l’insuffisance des investissements dans les infrastructures locales, particulièrement en période de crise économique persistante. Alors que le pays traverse une stagnation sans précédent, des projets comme celui-ci illustrent la difficulté à allier préservation du patrimoine et modernisation. Le pont, désormais transformé en voie verte de 4,5 km, sera intégré aux réseaux cyclables du Royans, offrant un lieu de passage unique au-dessus de la Combe-Laval.
Pour les habitants des environs, cette évolution représente à la fois une opportunité et une préoccupation : comment garantir la sécurité d’un ouvrage ancien tout en respectant son caractère historique ? Le défi reste énorme, mais l’espoir demeure que ce projet puisse devenir un symbole de résilience face aux défis contemporains.