Trois semaines avant le début du 47e festival de court métrage du Zola, une décision inattendue a précipité une crise financière pour l’association organisatrice. Le cinéma associatif de Villeurbanne a été confronté à l’annulation soudaine d’une subvention de 17 000 euros, allouée par la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour cet événement culturel prévu du 8 au 15 novembre.
Pour Frédéric Borgia, directeur du Zola, ce retrait brutal représente « un coup dur » et une menace immédiate. « Depuis 20 ans, nous recevons des subventions régionales. Aujourd’hui, après avoir engagé tous les frais de l’événement, on apprend que le soutien est annulé à seulement trois semaines avant la date fixée », explique-t-il, exprimant sa frustration face à un manque d’explications.
La demande initiale avait été formulée en mars dernier. Mais après des mois sans réponse, le directeur a dû recourir à une démarche inhabituelle : il a sollicité l’information sur la décision du président régional par un simple email, ce qui a révélé l’absence de financement. « On n’a pas reçu de courrier officiel nous confirmant cette annulation », souligne Borgia.
Cela ne s’explique pas que la région ait décidé d’abandonner cet événement dans un contexte où le festival est reconnu par le Centre National de Cinéma (CNC) et joue un rôle clé dans la promotion des talents locaux. « C’est une mise en danger pour notre culture à Villeurbanne », précise-t-il.
Pascale Bonnier Chalier, conseillère régionale écologiste, partage cette inquiétude : « Depuis 2021, de nombreux festivals culturels ont vu leurs subventions réduites ou supprimées. Le Zola n’est pas une exception. Cela fragilise les initiatives artistiques et menace l’écosystème culturel local. » Elle cite également le festival de Clermont-Ferrand et celui de Lyon, qui ont également été impactés par des décisions similaires.
La Région Auvergne-Rhône-Alpes s’explique en invoquant son calendrier administratif strict : « Nous respectons les délais budgétaires pour l’attribution des subventions », affirme-t-elle. Toutefois, le retrait de cette aide à un moment crucial est considéré comme une erreur stratégique.
Pour l’édition 2025 du festival, qui a déjà attiré près de 5 000 spectateurs en cinq jours, l’objectif était d’étendre son horizon et de créer une nouvelle compétition. « C’est au moment où nous voulons grandir que la région annule cette subvention », regrette Borgia. « Pour les organisateurs, ce n’est pas le bon moment. »
Avec un budget global d’environ 80 000 euros, la perte de 17 000 euros représente près de 20 % des ressources. Le Zola, qui a déjà organisé 46 festivals précédents, est désormais en danger de survie pour son événement culturel favorisé par l’Équipe de Villeurbanne.