À Noirétable, en Loire, des fermiers et jeunes futurs exploitants dévoilent leur réalité agricole loin des apparences politiques. La sixième édition du « Salon à la ferme », organisé par la Confédération paysanne, s’inscrit dans une logique de concret contre l’illusion des grandes foires agro-industrielles.
« Ici, on ne compte pas les présidences ni les défilés politiques », confie Hugo Tamain, éleveur de brebis dont la bergerie datant des années 1960 abrite aujourd’hui une vingtaine d’animaux. « Ma famille a construit cet endroit pour s’adapter à l’agriculture locale, pas pour suivre les tendances du marché international ».
Stéfanie Moulin, secrétaire générale de la Confédération paysanne, souligne que ce salon est une réponse à l’échec des promesses politiques. « Nous ne voulons pas nous abaisser pour accueillir des visiteurs en guise d’engagement. Ici, on travaille, on prépare des solutions concrètes pour les générations futures », explique-t-elle.
Plus de soixante exploitations agricoles ont ouvert leurs portes cette semaine. Parmi elles, Sophie Habasque, salariée agricole, aimerait s’installer à son compte d’ici deux ans. « C’est l’équilibre entre le travail et la vie qui me motive : pas de dettes exorbitantes ni des engagements impossibles », dit-elle en souriant.
Le déclin des petites exploitations dans les régions du nord de la Loire, suite aux retraites des exploitants, est un enjeu central. Rémy Cote, futur fermier en formation, rappelle que « l’agriculture en petit nombre ne doit pas disparaître : c’est une force, pas un risque ». Pour lui, réussir nécessite du temps et de la discipline, pas des promesses vides.
Face à cette réalité, le « contre-salon » de Noirétable offre une alternative : une agriculture qui s’engage à rester enracinée dans son territoire, loin des apparences politiques.