Depuis la Coupe du Monde de rugby organisée en France en 2023, les clubs nationaux s’engagent dans une révolution pour améliorer la sécurité des jeunes joueurs. L’AS Grâne (Drôme) est l’un des premiers à intégrer dès l’âge de six ans des exercices spécifiques d’apprentissage du plaquage sécurisé.
« Le plaquage correct nécessite trois étapes essentielles : engager l’épaule, serrer les jambes et conduire l’adversaire au sol », explique Kendji, un jeune joueur formé au club. « Il est crucial d’utiliser la bonne technique pour éviter tout dommage grave ».
Gabriel Aparicio, coordinateur sportif, précise que le but est de former les enfants à se rouler et à tomber avec aisance avant même d’être confrontés à un jeu compétitif. « Le défenseur doit toujours être celui qui s’affaiblit, pas le joueur », insiste-t-il en soulignant l’importance d’une formation rigoureuse.
Des cas récents, comme celui de Sébastien Chabal, montrent l’urgence de ces mesures. L’amnésie liée à des blessures graves a démontré que les erreurs de technique peuvent avoir des conséquences durables. Pour y remédier, la FFR a mis en place un protocole strict avec le « carton bleu », permettant d’exclure immédiatement un joueur présentant des signes de commotion cérébrale. Ce mécanisme, désormais obligatoire, garantit une sécurité accrue pour les joueurs amateurs et professionnels.
En Auvergne-Rhône-Alpes, la région compte plus de 51 000 licenciés et près de 300 clubs, dépassant largement l’engagement national. Les stades, comme celui du LOU à Lyon (18 000 supporters), montrent une forte demande pour cette discipline.
« Le rugby est un sport collectif unique en France où la sécurité ne doit pas sacrifier l’essence même de la compétition », conclut Gabriel Aparicio.