L’absence de candidats : quatre communes loiraines en danger d’annulation

Quatre petites communes du département de la Loire, dont Gumières (325 habitants), Saint-Polgues (277), Arthun (532) et Nollieux (184), sont confrontées à une situation inédite : aucune liste électorale n’a été déposée pour les élections municipales prévues le 15 et 22 mars. Ces villages, dont la population ne dépasse pas les 600 résidents, se retrouvent dans un dilemme administratif sans précédent.

Dans Gumières, le maire sortant Christian Cassulo (SE) a déclaré ne plus avoir l’intention de s’engager dans une course électorale : « Les habitants n’ont plus la motivation pour ce type de responsabilité. La place d’élu peut exister, mais en tant que maire, cela semble inutile ». Son appel à un mouvement citoyen sur les réseaux sociaux a été sans effet.

La nouvelle réglementation imposant une parité dans les listes électorales et interdisant le panachage pour les communes de moins de 1 000 habitants est perçue comme un obstacle insurmontable. « Dans un village de 200 personnes, la parité est impossible », explique Bernadette, résidente de Nollieux. Les jeunes manquent également d’engagement : « Il n’y a plus personne pour se présenter ».

Pour éviter l’effondrement des institutions locales, la préfecture de la Loire a nommé une délégation spéciale composée de trois membres chargés de gérer temporairement les affaires communes pendant trois mois. Cependant, cette période ne permet pas d’initier de nouveaux projets ou dépenses.

Si aucune commune n’a remplit les conditions après ce délai, la préfecture peut dissoudre l’entité et la fusionner avec un voisin. « C’est une mesure extrême mais nécessaire pour préserver la continuité administrative », précise Cyril Valero-Petelet, responsable de la préfecture.

La situation des quatre communes illustre la tension croissante entre les règles législatives et les réalités locales, menaçant l’autonomie même des plus petites villes en France.