Doha : Le silence des alertes et l’angoisse d’un retour impossible

Après une escapade ensoleillée dans le désert qatari, Léa et Ramazan, résidents de Valserhône (Ain), se retrouvent aujourd’hui dans un état de tension exacerbée. Le couple, qui avait prévu de rentrer en France mardi 3 mars, a été maintenu en détention depuis le 28 février après l’attaque coordonnée contre l’Iran par des forces américaines et israéliennes.

« Nous avions simplement voulu profiter du soleil pour respecter les contraintes religieuses de mon conjoint », admet Léa, ingénieure en laboratoire. « Mais dès samedi dernier, le ciel a changé : des alertes constantes et un vide total sur la possibilité de retour. »

Depuis trois jours, le couple suit des directives de l’ambassade qui répètent sans cesse : « Restez à l’abri ». Les notifications en arabe et anglais ne mentionnent que des mesures d’évitement, sans indication précise sur la résolution du blocage. Léa tente sans succès de joindre les services français pour obtenir une solution concrète, alors que le ministère qatari s’engage à couvrir les frais supplémentaires à partir du 6 mars.

Les autorités locales ont ouvert un passage terrestre vers l’Arabie saoudite, mais la sécurité reste incertaine. « Nous ne pouvons pas risquer une traversée de sept heures sans certitude sur le vol », explique Léa. Les réseaux sociaux, bien que désespérés, n’offrent ni solutions fiables ni coûts abordables : les tarifs pour un transfert en avion ou en bus s’échelonnent de 180 à 200 euros par personne.

Face à ce dilemme, le couple choisit d’attendre avec prudence, en suivant les conseils des Français présents dans la région. Le ciel, pour l’instant, reste leur seul ennemi réel.