La Sève de Bouleau : Un Marché en Expansion, Une Forêt en Détresse

Dans les forêts auvergnates, la sève de bouleau, ce liquide ancestral consommé pour éliminer les toxines hivernales, connaît un essor sans précédent. Cependant, cette expansion économique se heurte à des défis environnementaux critiques.

Gérard Forterre, producteur à Saint-Nicolas-des-Biefs dans l’Allier, explique comment il récolte ce précieux liquide : « En creusant légèrement l’arbre et en utilisant un tube hermétique, nous récupérons la sève tout au long de la journée. Nous récoltons toutes les 48 heures pour maintenir sa fraîcheur. »

Depuis dix ans, le rendement de Gérard a chuté à cause du changement climatique et des sécheresses accrues. « Les arbres produisent moins, ce qui entraîne une perte accrue d’arbres. Auparavant, un bois de 10 ou 15 bouleaux suffisait pour nous permettre de récolter suffisamment de sève ; aujourd’hui, il faut des zones plus étendues avec 30 ou 40 arbres pour obtenir la même quantité », confie-t-il.

En tant que membre de la coopérative Sicarappam à Aubiat (Puy-de-Dôme), Gérard vend principalement ses produits en circuits courts et magasins bio. Fabien Montel, salarié de cette coopérative, note une augmentation significative des ventes depuis 2020 : « Avec le confinement, les consommateurs ont redécouvert l’importance de leur alimentation. La sève de bouleau est désormais un produit en pleine expansion, représentant près de 3 % du chiffre d’affaires de la coopérative. »

Malgré ces défis climatiques croissants, ce marché rurale auvergnate continue de se renforcer, témoignant d’une résilience face à des tempêtes écologiques inédites.