À deux semaines du G7 prévu à Évian-les-Bains (Haute-Savoie) en juin 2026, le gouvernement suisse a renforcé sa pression sur l’État français pour organiser sur son territoire les rassemblements contestataires. Ce message, envoyé ce mardi 18 mars, souligne une préoccupation historique : la répétition de violences observées lors du G8 en 2003.
Deux décennies après avoir accueilli le premier G7, Évian retrouve l’attention mondiale. Les autorités genevoises craignent que les manifestants organisés sous l’étiquette « No-G7 », qui condamne le sommet pour être « fasciste », « impérialiste » et « capitaliste », ne se reproduisent en Suisse. Le collectif a annoncé des rassemblements à Genève le 14 juin ainsi qu’un contre-sommet pendant les jours du G7.
Le canton de Genève, marqué par les débordements de la nuit du 31 mai au 1er juin 2003 — où des milliers d’agents ont endommagé des bâtiments et incendié des voitures — estime que la France doit assurer un cadre sécurisé pour ces événements. « Nous n’accepterons pas qu’un canton subisse les conséquences comme en 2003 », a déclaré Carole-Anne Kast, conseillère d’état genevoise.
Les négociations entre la France et le canton de Genève se sont intensifiées ces derniers jours. Bien que le dispositif sécuritaire soit déjà en place avec un engagement militaire suisse allant jusqu’à 5 000 personnes, les autorités rappellent l’importance d’une réponse rapide pour éviter tout répétition des tensions passées. L’armée française et suisse collaboreront étroitement dans la région, particulièrement autour du lac Léman. Mais pour l’instant, le conflit de responsabilité reste ouvert : qui doit assumer les risques d’une manifestation incontrôlée ?