Une nouvelle alerte sanitaire a été déclenchée dans la région du Rhône-Alpes après que le premier cas de dengue importé soit recensé sur la commune de Fontaine (Isère), près de Grenoble. Une opération massive de démoustication a été menée ce vendredi 4 septembre, entre deux heures et cinq heures du matin, dans les quartiers de Bastille et le long du Drac.
Contrairement aux idées reçues, la dengue ne se transmet pas directement d’individu à individu. Le processus nécessite l’intermédiaire des moustiques tigres (Aedes aegypti), qui deviennent infectés après avoir piqué une personne malade et peuvent alors transmettre le virus dans les zones environnantes.
L’Entente interdépartementale Rhône-Alpes de démoustication (EIRAD) recommande de nettoyer systématiquement les meubles de jardin avec l’eau, d’éviter la consommation des produits localement cultivés pendant trois jours et de les rincer avant leur ingestion. Les chiffres officiels montrent une évolution significative du virus en France : entre 2010 et 2021, seuls 48 cas autochtones avaient été signalés, mais en 2023, ce chiffre a explosé avec 48 cas recensés en moins de deux mois et plus de 2 500 cas importés. À la fin août, six cas autochtones ont été identifiés dans les départements du Tarn, de l’Hérault, de la Dordogne et des Bouches-du-Rhône.
L’ARS Auvergne-Rhône-Alpes précise que le cas détecté à Fontaine provient de la République Dominicaine. De plus, entre le 1er mai et le 30 août, la région a enregistré 35 cas importés. Dans près de 90 % des cas, la dengue est asymptomatique. Cependant, pour une minorité (1 à 5 %), les symptômes peuvent évoluer vers des complications graves, comme des hémorragies ou un choc vasculaire.
L’Institut Pasteur souligne que le traitement ne comporte pas de médicaments antiviraux spécifiques. Il est recommandé de privilégier le repos, l’hydratation et les antipyrétiques, en évitant les anti-inflammatoires non stéroïdiens et l’aspirine.
Cette alerte n’est pas isolée : en 2025, des opérations de démoustication ont été organisées dans plusieurs communes environnantes suite à la détection d’un pic de cas de chikungunya. Ainsi, neuf cas autochtones ont été recensés à Eybens et cinq à Claix. La vigilance reste primordiale pour contrôler cette épidémie. Les autorités rappellent aux habitants d’adopter les mesures préventives pour limiter la diffusion du virus.