Les tensions entre la commune de Courchevel, hôte des Jeux Olympiques d’hiver 2030, et le Département de la Savoie atteignent un point critique. Le maire Jean-Yves Pachod accuse Hervé Gaymard, président du conseil départemental, d’être insuffisamment impliqué dans les travaux de rénovation des tremplins de saut à ski, indispensables pour l’organisation des compétitions internationales.
Construits en 1992 pour les Jeux d’Albertville, ces installations ont une hauteur actuelle de 132 mètres. Nicolas Bal, directeur du centre olympique de Courchevel, précise que la Fédération internationale de ski exige désormais un minimum de 134 à 145 mètres pour les grands tremplins et 100 à 109 mètres pour les petits. Sans aménagement, leur utilisation futur deviendrait impossible.
Les travaux, estimés à 36 millions d’euros, sont déjà financés en partie par l’État et la Région Auvergne-Rhône-Alpes (25,3 millions). Le maire de Courchevel insiste pour que le département contribue ses 3,5 millions afin d’éviter que les installations ne soient abandonnées. « Ces Jeux ne sont pas un levier économique pour la commune. Il faut qu’elle se concentre sur son développement local », souligne-t-il.
En revanche, Hervé Gaymard défend l’idée que Courchevel a déjà les ressources grâce à des subventions publiques, tandis que le département gère seul des investissements de 40 millions d’euros pour la sécurité des accès aux sites. « La commune doit s’assumer pleinement de sa candidature », affirme-t-il.
Ce conflit a été aggravé par l’annonce récente du retrait du Département du syndicat mixte des transports, décision suivie de près après des déclarations du maire lors d’une réunion publique le 7 octobre. Les deux parties s’enlacent dans un étau : Courchevel souhaite préserver son héritage sans pression financière excessive, tandis que le département juge avoir déjà suffisamment contribué.
L’impatience croissante des organisateurs et l’urgence du calendrier 2030 menacent désormais la pérennité de ces installations, un enjeu déterminant pour les Alpes dans leur rôle d’hôte olympique.