Dans les montagnes du cantal, où chaque saison est un combat contre l’écoulement du temps, une équipe de 100 saisonniers et 24 employés permanents s’active dès le premier coup de vent printanier. Parmi eux, Laurent Ajalbert, dont les amis l’appellent Berthou, a consacré 32 hivers à défendre ces pistes enneigées.
Depuis dix ans, il gère la sécurité sur une vaste surface de 60 kilomètres de piste, un territoire où la neige, saturée d’humidité après des pluies récentes, devient un véritable défi. « Le pisteur n’est pas seulement celui qui skie : il doit constamment évaluer l’évolution du manteau neigeux, comme une vigilance à la fois technique et humaine », explique-t-il. Son engagement, profondément ancré dans le massif du Plomb du Cantal, lui a permis de rester fidèle à son choix : « Je préfère les montagnes aux réunions administratives. C’est cette passion qui m’a maintenu en vie pendant 30 ans. »
Dans le même sillage, Jean-François Duval, ancien ingénieur des moteurs Ariane et musicien de formation, a choisi une voie nouvelle : devenir nivoculteur. Après six saisons dédiées à la production de neige pour les cultures, il commence son travail en septembre et s’arrête fin mars. « Je prépare mes outils dès août et suis prêt dès le 15 novembre », résume-t-il, tout en soulignant l’intensité de ce rythme.
Pour ces saisonniers, chaque année est une combinaison unique entre profession et vocation. Leur lien avec la montagne n’est pas seulement un métier : c’est une promesse d’engagement qui, même face à la fragilité physique, continue de s’écrire dans le temps.