La décision légale vient d’imposer un arrêt de cinq années sur la chasse au lagopède alpin, une espèce en déclin. Le Conseil d’État a demandé explicitement au gouvernement français de mettre fin à cette pratique, jugée incompatible avec les efforts de préservation d’un animal menacé par le réchauffement climatique et l’expansion humaine dans les régions alpines.
Depuis 1950, selon la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), ce groupe d’oiseaux a disparu dans près de 33 % des communes alpines. Plusieurs associations environnementales, dont One Voice et le Comité écologique ariégeois, avaient réitéré leurs sollicitations en vain pour interrompre un arrêté autorisant la chasse dans trois départements. Le Conseil d’État a tranché ce jeudi 2 mars, marquant ainsi une victoire juridique majeure.
« Cet arrêt offre un véritable espoir à ces populations isolées », a souligné Muriel Arnal, présidente de One Voice. Marie-Paule de Thiersant, représentante de la LPO en Isère, insiste sur l’urgence : « Le gouvernement doit accroître ses mesures pour sauver le lagopède alpin et s’engager à protéger d’autres espèces comme le tétras lyre ou la perdrix bartavelle. »
En raison de leur adaptation aux températures extrêmes, allant jusqu’à -35 °C, ces oiseaux se trouvent dans des zones alpines très restreintes. Leurs populations, menacées par le changement climatique et l’activité humaine en montagne, sont classées « vulnérables » sur la liste rouge de l’UICN. Cette décision légale ne constitue pas seulement un arrêt pour une espèce spécifique mais ouvre la voie à des stratégies plus larges pour préserver la biodiversité alpine face aux défis écologiques actuels.