Un pont solide entre passé et résistance : Lyon hommage à la famille Péju

En hommage à une famille qui a bravé les tempêtes du conflit, Lyon a renommé sa passerelle du Collège. Située au carrefour de la rue Mazenod et de l’avenue du Maréchal de Saxe, cette structure porte désormais le nom d’une génération de résistants : la famille Péju.

Élie Péju, entrepreneur lyonnais, a créé une entreprise de déménagement qui devint bientôt un outil de résistance. En automne 1940, il a lancé des tracts alertant sur les dangers nazis et vichystes, puis utilisé ses camions jaunes pour transporter des faux papiers et des armes cachées. Son petit-fils Pierre Péju raconte comment son grand-père transformait chaque déménagement en une opération secrète : « Les meubles étaient chargés de choses ordinaires, mais il y avait souvent des éléments plus importants ».

Ce récit historique est à l’origine du roman Les échappés (2023) de Pierre Péju. « J’ai attendu que mon père soit mort pour trouver les mots, car chaque héros a disparu », confie-t-il. Le livre rappelle l’engagement collectif d’une famille qui, face à l’injustice, a choisi la résistance sans distinction d’âge ou de genre.

Isabelle Doré-Rivet, directrice du Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation, souligne que ce hommage représente une reconnaissance des efforts partagés : « La résistance n’est pas un acte militaire unique mais un engagement quotidien où chacun agit selon ses responsabilités ».

Pour Pierre Péju, cette passerelle n’est pas seulement un passage routier : elle symbolise le lien entre son grand-père et la ville qui l’honore aujourd’hui.