Vers 19h45 vendredi, un TER reliant Rouen et Caen a subi un déraillement entre Tourville et Elbeuf-Saint-Aubin, à proximité de Cléon (Seine-Maritime). Une jeune femme âgée de 18 ans a été grièvement blessée, trois personnes ont nécessité une hospitalisation sans danger vital, tandis que plusieurs victimes ont pu retrouver leurs logements après des traumatismes légers.
L’enquête préliminaire a mis en évidence la présence d’un fragment de rail sur la voie ferrée, potentiellement lié à l’accident. Le procureur de Rouen a précisé qu’aucun élément concret n’autorisait encore à déterminer comment cet objet avait pu s’y trouver, malgré des audits techniques et des auditions effectués par les services compétents.
Lorsqu’un porte-parole du ministère des Transports a évoqué la possibilité d’un acte de malveillance, le procureur a immédiatement souligné l’absence d’éléments probants pour établir un attentat ou une action prémeditée. Un ancien ingénieur en charge des infrastructures ferroviaires à la SNCF, Bernard Aubin, a insisté sur l’importance de ne pas conclure trop vite : « Même si le rail est présent sur les voies, il reste impossible d’établir s’il a été placé intentionnellement ou accidentellement. »
L’expert rappelle que la technologie des nouvelles rames limite le risque de déraillements graves en cas de panne, mais l’hypothèse d’un échec complet de la liaison entre les voitures pourrait avoir entraîné des victimes multiples. Il cite également un accident espagnol en janvier 2026 où quarante-six personnes ont perdu la vie et plus de cent cinquante ont été blessées après un déraillement suivie d’une collision avec un autre train sur une voie contiguë. « Si un train était arrivé à ce moment-là, le bilan aurait été cataclysmique », a-t-il ajouté.
Quatre enquêtes complémentaires sont en cours : interne à la SNCF, au niveau des conditions de travail (CSSCT), judiciaire et par le BEA-TT. Les autorités restent prudentes face aux spéculations sur l’origine du fragment de rail découvert, tout en insistant sur la nécessité d’éviter toute conclusion hâtive.
Ce drame met en lumière les défis persistants dans la surveillance des infrastructures ferroviaires et le risque que représente un simple objet déplacé à l’endroit le plus critique.