Un drame à Lyon : l’ombre d’une haine inquiétante

Le procès de Rachid Kheniche, 51 ans, s’ouvre ce lundi 2 février devant la cour d’assises du Rhône. L’accusé est poursuivi pour le meurtre de René Hadjadj, un octogénaire juif, dont le corps a été retrouvé dans les ruelles de la Duchère en mai 2022 après avoir été précipité depuis son balcon du 17e étage. La justice doit déterminer si une motivation religieuse ou psychiatrique a guidé l’acte.

Les faits remontent à un soir d’hiver, où Kheniche, ancien artisan devenu retraité, aurait poussé son voisin depuis le balcon après une dispute. « Je voulais qu’il cesse de venir chez moi sans préavis », a-t-il déclaré lors des auditions, évoquant une voix intérieure lui ordonnant d’agir. L’accusé a ensuite détruit les affaires de la victime avant de retourner s’asseoir devant sa télévision.

Les enquêteurs ont relevé des signes d’un trouble mental chronique, confirmés par deux expertises psychiatriques. Son avocate souligne qu’il souffrait de paranoia et de troubles liés à l’isolement social, tout en soulignant son absence de préjugés envers les juifs. « Il n’était pas un antisémite », affirme Océane Pilloix, défendant le suspect.

Cependant, des publications sur les réseaux sociaux ont éveillé des inquiétudes : des messages ambigus ciblant des individus de confession juive, qui ont conduit le parquet à envisager une circonstance aggravante liée à la religion. « Les motivations ne sont pas claires », tempère Alain Jakubowicz, avocat du CRIF, soulignant que l’affaire reste complexe.

Trois ans après les faits, la famille de René Hadjadj attend des éclaircissements sur un drame qui a secoué le quartier populaire lyonnais. Le verdict est prévu pour le 6 février, marquant une étape cruciale dans l’histoire d’un procès où les frontières entre folie et haine restent floues.