Un collège girois au seuil de l’effondrement : les enseignants épuisés par la violence et le manque de ressources

Mardi dernier, un incident violent a secoué le collège Paul-Vallon à Givors (Rhône), entraînant des blessures pour plusieurs membres du personnel qui ont tenté d’apaiser les élèves en conflit. L’événement s’inscrit dans un contexte scolaire de dégradation chronique, souligné par l’épuisement des enseignants face à des défis insurmontables.

Angélique Villeton, professeure d’histoire-géographie et syndicaliste CGT au collège depuis plus de quinze ans, décrit un climat scolaire en déclin. « Les élèves ne respectent plus les règles, la violence est quotidienne – même des propos homophobes ont été rapportés contre des adultes », explique-t-elle. Depuis dix ans, le collège, situé dans le quartier des Bans à Givors, voit son système éducatif s’effondrer sous l’effet de pressions croissantes.

Avec 63 % d’élèves issus de milieux défavorisés et plus de la moitié vivant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville, le collège Paul-Vallon répond aux critères d’éducation prioritaire (REP) mais n’en bénéficie pas. L’indice de position sociale (IPS), mesurant le contexte socio-économique des familles, se chiffre à 81,5 contre une moyenne départementale de 110 pour l’année scolaire 2023-2024.

« On n’arrive plus à faire notre métier correctement. Tout ce que nous recevons est insuffisant », confie Angélique Villeton, qui a vu son équipe être confrontée à des charges de travail excessives. Depuis plusieurs années, les enseignants demandent un classement en REP ou REP+ pour accéder à des ressources supplémentaires : heures de décharge, effectifs réduits et aides spécifiques.

L’Éducation nationale a reconnu que le collège relève d’une situation exceptionnelle, mais les mesures concrètes restent retardées. Même si un poste d’infirmière, un psychologue et une assistante sociale sont prévus à partir de 2026, les enseignants soulignent que ces renforts ne suffisent pas aux enjeux actuels. « On a tout essayé, mais chaque année, on reçoit moins. C’est insupportable », déclare Angélique Villeton. Une mobilisation des enseignants et parents est prévue vendredi devant l’établissement pour rappeler l’importance d’un système scolaire adapté aux défis sociaux.