La médiathèque Jean-Jacques Rousseau a fermé ses portes ce samedi dans le cadre d’une journée de grève organisée par des employés, qui contestent l’élimination de trois postes au sein des services culturels. Les équipes alertent sur un risque d’effondrement du service public, tandis que la mairie justifie ces mesures par des contraintes budgétaires imposées par les instances supérieures.
Les bibliothécaires dénoncent une saturation croissante des responsabilités après chaque réduction de personnel. « Nous menons les mêmes missions avec un nombre d’agents en moins, ce qui réduit considérablement la qualité des services », explique Muriel Lelière, référente jeunesse depuis huit ans.
L’innovation culturelle de la médiathèque, classée « bibliothèque numérique de référence », inclut des ateliers vidéo interactifs et des espaces en ligne pour les livres numériques. Mais le manque d’équipe a désormais mis ces services à risque : « On ne peut plus gérer tout cela avec l’effectif actuel », confie Elsa, chargée de l’éducation culturelle.
Les employés soulignent également une pression psychologique liée aux réductions. « Ce métier exige un engagement profond et une passion sincère ; avec moins de collègues, il devient impossible de maintenir cette qualité », précise l’une d’entre elles. Des arrêts maladie prolongés ont déjà été nécessaires pour plusieurs agents en raison du stress.
Les bibliothèques chambériennes enregistrent plus de 27 000 usagers mensuels, ce qui témoigne de leur rôle central dans la communauté. Les habitués affirment que ces espaces servent à des rencontres et des moments de réflexion essentiels dans un monde en constante agitation.
La municipalité rappelle qu’elle est « contrainte » par des défis financiers étendus aux services publics, notamment face à une augmentation des coûts non compensés. L’adjoint au maire pour la culture, Jean-Pierre Casazza, précise que les ajustements sont nécessaires pour préserver le service, malgré les difficultés.
Les agents ont prévu de maintenir leur grève jusqu’au 2 mai, en espérant ainsi obtenir des réponses sur la possibilité d’éviter l’épuisement des équipes. « C’est dans ce contexte que nous demandons une attention particulière à la qualité du service public », affirme un membre du collectif.