Le marché immobilier en pleine effervescence dans les Alpes, due au projet ferroviaire transalpin

Dans les profondeurs des montagnes, des équipes de travailleurs s’affairent jour et nuit pour creuser des galeries. Le chantier du Lyon-Turin, un projet à grande échelle, emploie plus de 3 000 personnes dans la vallée de la Maurienne, en Savoie, avec une proportion similaire hors de la région. Des ouvriers et ingénieurs venus d’une vingtaine de pays participent à ce projet qui, une fois achevé, deviendra le plus long tunnel ferroviaire du monde, totalisant 165 km de galeries.

Emmanuel Humbert, directeur adjoint de l’entreprise Telt chargée de la construction, souligne que cette infrastructure est cruciale pour relier la France et l’Italie, facilitant le transport des marchandises et des voyageurs. Le tunnel devrait être opérationnel en 2033, avec deux tubes de 57,5 km chacun. Pour l’instant, seulement 10 km ont été creusés, mais des machines comme Viviana, un tunnelier d’un millier de tonnes, seront bientôt mises en service.

Ce projet, soutenu par les autorités et les acteurs économiques pour stimuler le fret ferroviaire, suscite cependant des critiques écologistes. Les opposants pointent du doigt son coût élevé et son impact sur l’environnement, notamment la gestion de l’eau. Localement, plus d’une vingtaine de projets ont été initiés grâce aux financements publics, incluant la rénovation d’infrastructures publiques ou des logements pour les salariés du chantier.

Cependant, le marché immobilier se trouve sous pression. Des habitants rapportent avoir mis plusieurs mois à trouver un logement, tandis que les agents immobiliers décrivent une concurrence intense. Un projet de logements temporaires dans une commune a même été abandonné en raison des oppositions locales.

Malgré ces défis, la vallée compte sur ses atouts touristiques pour se réinventer, tout en cherchant à attirer les entreprises via des solutions d’hébergement adaptées.